Soirées poker

Soirées poker - Marby John

Je ne me suis jamais considéré comme étant un patriote. Probablement, parce que je n’ai jamais eu un sentiment de patriotisme, de fierté excessive, ou dévouement envers mon pays. Pourtant, j’ai rencontré des gens éprouvant une exaltation du sentiment national. Une grande partie de ces gens, je les ai rencontrés durant mes soirées poker chez mon beau-père.

Chaque jeudi soir, il organise une soirée poker pour quelques amis. Il fait cela depuis des années. Moi, j’y vais seulement depuis l’année passée. La première fois que je suis allé, je ne savais pas à quoi m’attendre.

Comme il est colonel à la retraite, j’ai imaginé que ses amis devaient être des militaires qui avaient le même type d’humour militaire que mon vieux beau-père. Quand je les ai connus, je ne savais ce qui était pire. Le colonel, ou ces militaires qui se sentaient endettés envers leurs pays, en voyant comme un privilège le fait d’être né ici. Selon eux, l’exode ou la fuite de cerveaux était due à l’ingratitude des citoyens.

À l’écoute de cette remarque, je me suis rendu compte que je devais me concentrer sur le jeu, et éviter à créer de la polémique. C’était inutile d’essayer de leur expliquer que la société avait changé, et qu’ils n’avaient aucun contact avec la réalité. À ce que j’ai vu, tous semblaient vivre dans une autre réalité, une alternative. Comme tout cadre militaire, il se croyait supérieur aux autres, et affichaient un mépris visible pour la nouvelle génération qu’ils considéraient paresseuse et gâtée.

En évitant de m’impliquer dans leurs discussions et commentaires, je fais plus d’attention au jeu. Ainsi, j’ai eu un avantage, car ils perdaient leur concentration durant leurs conversations contradictoires. Deux d’entre eux, ont réalisé cela, et m’ont appelé tricheur. Puis, ils ont essayé de s’abstenir de faire de la politique durant le jeu, espérant qu’ils allaient gagner.

Récemment, j’ai observé que chaque fois que la conversation était reliée à la gestion du patrimoine, ou à la nouvelle génération, ils ne pouvaient pas se taire. En les entendants parler, on aurait cru que c’était quelque chose de personnel.

En ne sachant pas trop de choses sur leurs vies personnelles, à la fin de la soirée, après le départ de ses invités, j’ai demandé au colonel s’il s’agissait des histoires de leurs familles. Il se mit à rire et me dit qu’ils avaient eu, et continuaient à avoir des troubles avec leurs progénitures. Il ajouta qu’il se considérait chanceux d’être encore dans les bonnes grâces de sa fille.