Comme un grand frère

Si je n’avais pas pris mon parapluie, il est certain que j’aurais été mouillé abondamment, et que j’aurais eu un refroidissement. Heureusement que j’avais été prévoyant, et que j’avais pensé à prendre de quoi me couvrir en cas de mauvais temps. J’avais vu que le ciel s’était assombri au moment même de mon départ et j’avais préféré remonter pour m’équiper plutôt que d’avoir mes vêtements détrempés. Récemment, j’avais eu une mésaventure qui s’était finie par une période prolongée dans mon lit, entièrement consacrée à me soigner et à me reposer. Je n’avais pas oublié cette attente de me sortir de mon état maladif, une attente que je n’avais pas appréciée. Sortir au grand air, pouvoir me promener dans les rues de la ville et retourner au travail, ces activités m’avaient semblé merveilleusement agréables après mon arrêt d’une semaine et mon interdiction de sortie qui lui était attachée.

Mon frère avait eu la chance de trouver une très bonne Agence de placement Travailleurs sociaux à Québec, et il était décidé à s’y installer. Pour l’instant, il vit encore près de chez moi, et nous nous voyons le plus souvent possible. Ce jour-là, quand je suis sorti, c’était pour le retrouver dans un restaurant. Nous n’avions pas mangé ensemble depuis au moins un mois, même si nous nous étions vus dans d’autres circonstances. Passer du temps tous les deux est important pour moi, car il a toujours un avis clair sur les problèmes que je lui soumets. Dernièrement, je voulais avoir quelques recommandations de sa part au sujet d’un changement de voie professionnelle, mais pas pour moi, pour ma conjointe. Elle souhaitait devenir spécialiste de la relaxation, et pour arriver à devenir une professionnelle dans cette voie, elle devait passer par une période de formation.

Pendant six mois, elle suivrait des cours par correspondance et elle devrait assister à des séminaires pour valider une partie de ses connaissances. Je n’étais pas sûr que ce serait une activité qui lui correspondrait. Mon frère me rassura. Ma conjointe est très pragmatique et, si elle constatait que ce métier ne lui correspondait pas, elle n’hésiterait pas à se remettre en question. Elle cesserait sa formation et elle reprendrait son ancien emploi. Comme j’écoute toujours ce qu’il me dit. Je suis sorti rassuré de ce repas. Ce fut ma conjointe qui fut étonnée que j’ai changé si vite d’opinion sur la pertinence de sa formation.